Le travail présenté sur ce site est constitué par mes notes de recherche. Il a principalement été réalisé entre 2007 et 2019 alors que je poursuivais des études de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat en histoire de l'art. Mes questions de recherche portaient sur les expositions organisées à Montréal entre 1860 et 1920, principalement les expositions d'œuvres prêtées à l'Art Association of Montreal devenue depuis le Musée des beaux-arts de Montréal. Le contenu est donc fortement orienté dans cette direction. Malgré tout, j'espère qu'il saura vous renseigner sur des aspects de cette période de notre passé artistique. Vous pouvez accéder à l'accueil des notes de recherche ou retourner sur l'accueil du site marcgauthier.com.
Autres titres
L'amour agenouillé jouant avec un papillon (Benezit1999)
L'Amour (Louvre)
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Musée du Louvre:
Page: http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/lamour
Consultée le 19 octobre 2013.
L'Amour, jeune adolescent ailé, présente une rose à un papillon qu'il retient par les ailes : c'est le symbole de l'âme, Psyché en grec, prisonnière de l'amour. Le thème inspire à Chaudet une composition sensible et gracieuse. Le beau travail du marbre rehausse l'harmonie des lignes et la délicatesse des détails.
Un Amour bucolique
L'Amour est un jeune adolescent nu et non armé, dont les courtes ailes constituent le seul attribut. Ni espiègle comme celui de Bouchardon (musée du Louvre), ni menaçant comme celui de Falconet (musée du Louvre), il semble s'adonner à un passe-temps innocent. L'amusement n'est pas aussi anodin qu'il n'y paraît, car le papillon qui se laisse séduire par la rose de l'Amour symbolise l'âme, en grec, Psyché : déjà prisonnière de l'Amour, l'âme en ressent bientôt les tourments plus que les plaisirs. Sur le socle, de gracieuses frises en bas-reliefs développent le thème : si le papillon goûte le suc d'une corbeille de fleurs, il est écartelé par de petits Amours potelés et l'un deux l'asservit en l'attelant à son char. Mais l'âme obtient finalement la victoire grâce aux abeilles. Celles-ci, rendues furieuses par les flèches décochées sur la ruche, se ruent sur ces impertinents. Ces scènes s'inspirent des Idylles de Théocrite (IIIe siècle av. J.-C.), le plus célèbre poète grec de l'époque alexandrine. La délicatesse du ciseau en exprime tout le charme bucolique.
Un mythe d'une composition délicate
Le mythe d'Amour et Psyché est très important à l'époque néo-classique et le sculpteur italien Canova en donne deux illustrations, dont la célèbre Psyché ranimée par le baiser de l'Amour (1793, musée du Louvre). Pour Chaudet, c'est l'occasion d'une composition délicate, où prédominent l'harmonie des lignes et le caractère presque translucide du beau marbre poli. L'élégance de la pose rappelle certaines sculptures de l'Antiquité ou de la Renaissance, telle cette Tireuse d'épines de Ponce Jacquiot (musée du Louvre, RF 3455).
Entre nature et idéal
L'attitude du corps, le charme presque suave du visage, la délicatesse des doigts, le travail raffiné de la chevelure, tout exprime la sensibilité, la retenue, la grâce. Le sculpteur réussit ce subtil équilibre entre nature et idéal, hérité du XVIIIe siècle. Le modèle en plâtre fut exposé au Salon de 1802, mais le marbre fut achevé en 1817, longtemps après sa mort, par son ami Pierre Cartellier (1757-1831).
Chaudet a su exprimer de cette manière les deux aspects contradictoires du renouveau classique, la poésie gracieuse de l'Amour comme la sculpture virile, colossale, celle qui exalte l'héroïsme, dans la lignée d'Oedipe et Phorbas (musée du Louvre, RF 384).
Musée du Louvre
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/lamour
Page consultée le 19 octobre 2013
Il s'agit du marbre de l'oeuvre. Il existe des versions en bronze (Google)